29 novembre 2021

Le verbe pour le dire

Alors que le train s’apprête à m’emporter,  je glisse ici quelques lignes signées de Julien Gracq qui s’exprime à sa façon. 
« Mais il existe une autre rêverie,  plus rare, à laquelle sont liés d’autres privilèges et que signale presque toujours le sentiment de liberté, et souvent d’ubiquité foudroyante qui s’attache aux plus beaux rêves de vol : rêverie ascensionnelle tendant,  non vers l’indistinction finale et vers la sécurité de l’élément,  mais plutôt vers la totale liberté d’association qui remet sans trêve dans le jeu les significations et les images : son climat exclusif est la vitesse,  et son trajet d’élection le court-circuit. Une légèreté irréelle, un certain sentiment de bonheur aussi dans la légèreté auquel rien ne ressemble,  dès qu’on s’y engage s’empare de l’esprit : comme si une perspective sans fond de trapèzes volants aux oscillations miraculeusement conjuguées faisaient danser devant lui tous les chemins de l’air. Une telle rêverie s’éveille surtout à certains moments d’exception,  portée,  propulsée par le flux d’énergie que libère la réanimation par la mémoire d’objets ou de paysages auxquels s’est attachée pour nous autrefois une tonalité affective violente, comme si cette mémoire  en les ressuscitant disposait soudain sur eux d’un pouvoir magique de fission. 
…/…
C’est d’une fugue allègre et enfiévrée qu’il est pour moi le moteur et le principe : à son étincelle ranimée, les images chères et longtemps obscurcies -toutes les images- s’enflamment et vont se rallumant l’une à l’autre ; un tracé pyrotechnique zigzague au travers du monde assoupi et le sillonne en éclairs en suivant les clivages secrets qui,  année après année -d’une expérience,  d’une lecture, d’une rencontre essentielle à une autre- l’ont marqué pour toujours à mon chiffre personnel. »


Dans la lumière du soir,

Coucou, 
J’ai regardé la dune du Pyla de loin finalement, je la réserve pour plus tard quand je me lancerai sur une nouvelle tranche d’itinérance atlantique en partant d’Arcachon pour Lisboa… en brouette. 
Dans la lumière du soir et les ombres qui s’allongent, les skatteurs tournent et dansent à la recherche de la prouesse tounoyante. 
Mon itinérance se termine demain matin lors de ma montée dans le train. 
J’en garde un très beau souvenir de moments et d’émotions pour moi avec une nature hors norme, immergeante et avec des rencontres de personnes étonnées, diverses et joviales. Il y a quelques jours, un ami cycliste a voulu essayer la brouette pour ressentir le poids et la sensation de la marche.  Il est réparti convaincu par l’idée. 
À suivre encore jusqu’à mon arrivée à Lorient où Anne-Laurence va m’accueillir ! ★ ★ ★




Y’a t il un pilote dans le bateau ?

Coucou,  Me voilà à Arcachon avec mes billets de train en poche. 
J’ai bien aimé la traversée du bassin sur un bateau-navette assez cool avec un capitaine très relax et amateur de rock (à fond durant tout le trajet). Pour finir, il m’a laissé la barre. …
44,65867,-1,22817
Arcachon est bourgeois avec des gens aisés qui semblent s’ennuyer.
Je vais prendre les chemins de traverse hors des sentiers battus. 
À suivre. …


La dérive des blocs et des grafs

Coucou, 
J’ai contourné la pointe du Cap Ferret et pris mon pique nique sur la plage côté océan.  Pas grand monde en cette arrière saison.  Le sable était bien chaud et cette fois ci j’ai pu nager dans l’eau claire et avec des vagues au loin. J’espère que je fais des jaloux.ses !
En remontant vers le nord, une série de blockhaus dérivent du haut de la dune vers la mer.
J’aime cette image de l’impermanence, du puissant qui fini par se confondre et se remettre aux éléments. 
Demain,  je prends le bateau pour Arcachon, la vraie ville. 
Belle soirée ! À suivre. …



Matin calme

Coucou, 
L’hôtelier n’a pas voulu de ma brouette, il en a déjà une.  Le fleuriste qui déchargeait son camion non plus.  Par contre, la dame de Casino shop a été sensible à mon histoire. Elle a aussi été rassuré par le ticket de caisse M Bricolage de Royan. Elle a mis la brouette en vente à l’entrée de l’épicerie.  Une heure plus tard, elle me laisse un texto : la brouette est vendue à 20 € !
Me voilà maintenant les mains dans les poches pour ma promenade au Cap. Le sac est resté à la roulotte que je retrouve ce soir. 
Je te mets quelques photos du paysage  décroché de l’échelle temporelle et enveloppé d’une lumière douce.
À suivre. .. 44,64693,-1,24486




Le bassin d’Arcachon !

Ça y est ! J’ai atteint le bassin cette après midi.  Au loin,  la dune du Pyla déjà impressionnante.  La question était de trouver un hébergement. Pas de camping a l’horizon.  J’ai fini par trouver un petit coin, hum,  pas donné mais qui va bien me convenir.  C’est un hôtel qui a une chambre en roulotte dans le jardin. Parfait pour moi et mon équipement.  Demain ? et bien je verrai selon les envies. 
À suivre…



Après le petit bain du matin

Cette nuit était particulière, tempérée en soirée et bien fraîche au petit matin.  De nouveau,  le passage des grues dans la nuit et pendant mon bain du matin, j’ai vu un vol en formation en V.
Soudain, (note comme ce blog est brûlant de rebondissements), soudain donc, alors que j’écris, en voilà un groupe entier au dessus de moi !
Et voilà la photo quasi en direct. Faut chercher un peu. …
C’est beau et je suis aux anges avec cette itinérance au delà de mes espérances. 
Bises,  à suivre !


J’ai choisi le grand hôtel de la forêt

Coucou,  Me voilà de nouveau à poser ma tente en lisière de la dune grise.  44,76838,-1,23994 Comme hier soir, c’est magnifique ! L’ONF surveille la forêt et la plage aussi où ils circulent en 4×4. Je ne suis pas très en règle à faire du bivouac sauvage. … Demain, avec ma brouette de compète, il se peut que j’atteigne le Cap Ferret.  La piste, une fois passée le bac Ferret-Arcachon, pourrait m’emmener jusqu’à Biaritz !
À suivre. …


Traces

Coucou, 
Au matin, les petits animaux de la nuit ont laissé leurs traces. Moi aussi et j’ai pu faire une trempette vivifiante.  Ce soir, je vise le camping des Pastourelles aux abords du bassin d’Arcachon.  Sinon, ce sera la pinède de l’arrière dunaire où je me sens chez moi.  Tous les jours, je fais des rencontres sur la piste. Des cyclistes de toutes sortes s’arrêtent et ça fait plaisir de parler de voyage. 
À suivre. …

Ma maison

Coucou,  Ce soir,  j’habite une grande maison avec un salon pieds dans l’eau et un lampadaire d’ambiance.  Ma chambre est à deux pas d’ici sous la pinède de l’arrière dunaire. Et mon plafond cette nuit sera délicatement éclairé d’un quartier de lune et ponctué de mille étoiles.  Je crois que j’ai trouvé un petit coin de paradis.  Si tu regardes la photo aérienne,  tu me verras faire Coucou avec un grand sourire (faut zoomer).  44,8719,-1,21724 Demain, je prends mon ptit dej sur la plage et je repars plein sud.  Quel beau voyage. 
À suivre. …


Au loin un porte-conteners,

Je quitte la cité des sables.  Quelques échoppes m’ont permis de faire le plein de victuailles et de prendre un thé au soleil levant.  Les surfeurs attendent La vague mythique de cette fin d’été  Les badauds tentent en vain de voir ce qui se trouve au delà des 180° qu’offre l’horizon. 
Le satellite me fait une confidence : je suis là. 
À suivre. … 44,99609,-1,20216

La ville-porte d’entrée de 15km d’itinerrance sauvage

Par la piste cyclable, je suis arrivé en fin d’après midi sur le camping municipal, par bonheur, en marge de l’agitation dominicaine du Girondin en station balnéaire.  J’ai découvert toutefois, et avant d’arriver au camping, un  gaillard à la casquette chevillée au crâne chevauchant un robuste vélo électrique à pneus aussi larges que ma roue de brouette. Un sorte de vélo SUV avec sono à fond les ballons. J’ai senti un déplacement d’air lorsqu’il m’a dépassé. Demain,  j’entame une sympathique traversée en arrière dunaire par la Vélodycée qui va m’emporter jusqu’au Porge Océan. Cet itinéraire est très loin de toutes routes. Il ne reste ici que la mer et la forêt.  Je tenterai bien une trempette après la maison forestière du Lion. Ça chauffe bien au soleil en après midi.  Cette nuit, par contre, je me prépare pour les 8°.
À suivre. …

Grandiose Nature

Voici un aperçu du haut de la tour d’observation sur la réserve.  J’ai rencontré la conservatrice très amusée par mon mode de locomotion.  Elle m’a prise en photo sans doute en tant qu’espèce rare.  Les grues cendrées, ces grandes migratrices transeuropéennes, sont arrivées sur la réserve depuis hier et cette nuit.  C’est elles dont j’ai entendu le vol. Je vais prendre le temps sur ce lieu magnifique.  À suivre. .. 45,03568,-1,14564

Religieusement

Coucou,  Encore une très belle journée.  Sur le bord de la piste, une belle touffe de calune en fleurs. Oh, je suis observé ! Une mante religieuse (tu sais, c’est elle qui bouffe son mec après avoir copulé). C’est pas très catholique tout ça.  J’aurais dû m’en douter : je suis sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.
J’arrive à la réserve naturelle de l’Etang de Cousseau. Je vais peut être voir les oies sauvages dont j’ai entendu le vol cette nuit. 
À suivre…

Tout est bien organisé

Coucou,  J’ai posé ma tente au camping de Maubuisson, ça me change de la forêt dunaire ensauvagée que j’ai quitté ce matin.  Ce midi, j’ai testé la pizza 4 fromages mais elle m’est restée sur l’estomac. Je me suis remis au muesli + lait d’amande.  Demain,  je vais suivre les sinuosités de la Velodycée au travers les petits monts boisés de pins maritimes. C’est étrange,  parfois,  il y a comme des vallées mais sans cours d’eau ni continuité. La topographie a été sculptée par le vent et ça paraît très destructuré et peu ordinaire.   Un peu à l’inverse de la photo ! Je vais me poser à Lacanau avant les deux grosses étapes suivantes avec une oasis au milieu.  À suivre. … 45,06325,-1,1403

Sur le rivage du lac d’Hourtin

Bonjour,  Après une bonne nuit dans les bois, me revoilà reconnecté au monde.  Pas de brame cette fois et tant mieux car je n’aurai pas fait le fier dans ma tente.  J’avais suspendu mon sac à miam et ma bouteille pour ne pas attirer d’autres animaux.  Je prends mon ptit dej au soleil à la plage du lac et je vais suivre le chemin de la rive pour me poser au camping de Maubuisson. Hier,  j’ai poussé un peu la monture avec  pas loin de 25km. Je me régale de paysages changeants depuis mon départ.  Belle journée ! À suivre. .. 45,11527,-1,14718

Au petit matin

La nuit s’ efface.  Non loin de là, un cerf brame à qui veut l’entendre. Écoute ! Durant la nuit, ses copains s’en sont donnés à coeur joie. J’ai repris la vélodycée à la pointe du jour. Ça roule mieux et il fait frais.  À suivre. …

Le Pin sec, ambiance et générosité

Après mon joli sentier dans les bois, j’arrive au Pin sec. Hum, le style est grand terrain vide et délabré. C’est un terrain du camping municipal genre utilitaire post-soviétique. Vide en cette saison et fermé. Tout autour,  des panneaux répètent « camping sauvage interdit ». L’ONF qui gère la forêt domaniale abonde et menace. Bon, j’aperçois une caravane derrière les locaux d’accueil du camping.  Je tente ma chance et je tombe sur un gars qui fait son repas.  Au début, il croit que je ne trouve pas mon chemin « c’est par là ». Je lui explique que je cherche un coin pour poser ma tente et repartir demain à l’aube. Son oeil me scrute puis il me dit « vous pouvez aller là bas sous les arbres (à l’intérieur du camping). Puis, il me glisse « il reste une douche avec de l’eau chaude,  vous pouvez y aller, mais je vous ai rien dit, là ». Je remercie et disparais jusqu’à l’emplacement discret sous les arbres.  Me voilà donc comme un roi au milieu de ce lieu étrange. La grille du terrain est maintenant fermée jusqu’à demain matin. Je vais bien dormir. 45,2691,-1,16046 À suivre,  Demain, direction la réserve naturelle d’Hourtin. 


Un petit chemin en dehors du bruissement du monde

Coucou,  Dans cette forêt tranquille, je suis le chemin qui m’emmène au « Pin sec ». Sous mes pas,  des traces de chevreuils, de sangliers et plus marquantes, de cerfs. La mer s’étend et vrombie à l’ouest. J’y ai fait une trempette sans m’aventurer plus avant vers le mur des rouleaux.  Ici, aucune connexion avec le monde.  Un satellite qui passait par là a bien voulu me donner son point de vue : 45,29623,-1,15761 Je vais bien et c’est beau ! À suivre. 

Les grands espaces comme je les aime !

Coucou,  Aujourd’hui, c’était une belle journée d’automne avec un soleil généreux. La nuit dans les bois a été très calme.  Durant la nuit, non loin de mon campement, un doux chant m’a réveillé, sans aucun doute celui de ce crapaud local qui habite les dunes du bord de mer : le Pelopade cultripede…. Ce soir,  j’ai posé ma tente dans le camping municipal de Montalivet les bains. « C’est où la douche ? ». Demain,  je pars pour deux grosses étapes du parcours : en gros 2 × 20km avec juste une oasis entre les deux. Ça s’ appelle « Le pin sec ». Je vais commencer par faire le plein de courses.  À suivre. 

La tente est prête pour la nuitée.

C’est une tente un peu bizarre en forme de berlingot. C’est juste bien pour une personne. J’ai un doudou bien chaud au cas où.  Quand je suis sorti du bateau, en me voyant,  le gars qui gérait la sortie a été étonné. Il m’a dit, amusé, « c’est un nouveau concept de randonnée ? ». J’ai confirmé.  Devines tu quel est ce nouveau concept ?
Voici ma position pour la nuit dans la forêt : 45,53569,-1,10289 À suivre, 

Première rencontre avec l’océan

Coucou Après les tempêtes des derniers jours, le vent reste très fort. Un rideau de sable soufflé balaye la plage et fait reculer le promeneur aventureux. Juste derrière la première dune à peine boisée, un sentier serpente entre les pins et les chênes verts. Ça sent bon le sud. C’est ma piste pour cette après midi, le GR va me guider pour cette première avancée.  Voilà mes coordonnées : 45,56792,-1,07041 Je suis juste à la pointe de Grave et il fait grand soleil.  Bisous.  À suivre.